Le pont de l’Ascension a été l’occasion pour nous de faire une randonnée très agréable dans le Lot.

Marcilhac sur Célé, Beduer, Cajarc, Cabreret, des paysages magnifiques et déserts dans une région chargée d’histoire. Le tout sur des sols pas évidents ( terrains très caillouteux et calcaires) avec pas mal de dénivelé.

Nous sommes partis avec pas mal d’incertitudes, les chevaux n’étant pas très entrainés, un des cavaliers non plus. Je n’avais encore jamais utilisé les boots sur une longue période ou en conditions relativement difficiles. Qui plus est People n’avait jamais fait de balade de plus de 2h mais il s’est très bien adapté aux conditions que nous avons rencontrées: rythme lent et long, nuit dans des paddocks simples, parfois simplement séparé des autres par une longue ficelle à ballot, groupe assez hétérogène (1 trackener, 2 anglo, 1 trait, 1 arabe-barbe). Je craignais un peu pour Paquito qui  a encore moins d’entrainement et un physique pas forcément adapté: mauvais aplombs qui rendent la ferrure impossible ( cf son historique) et le déplacement en descente assez délicat: on a l’impression qu’il  va se « démonter », les membres et le corps partant un peu dans tous les sens, les tendons étant fortement sollicités du fait de ses aplombs.

 

Au final, ils se sont tous les deux très bien comportés et c’est même People qui calait un peu dans les descentes le derniers jours. Paquito a toujours gardé son allant et sa bonne volonté malgré le fait que son cavalier soit plus lourd que moi et avec un assiette de débutant. Le fait que nous ayant essentiellement fait du pas a très certainement aidé mais de toutes façons, c’est l’allure de la rando et les terrains ne permettaient pas d’allures rapides.

Nous avions donc People, SF de 8 ans, ancien cheval de CSO qui depuis 1 an découvre une autre vie: vie au pré qu’il connaissait déjà un peu, mais en Normandie et sur terrain plat, rythme de travail assez irrégulier, essentiellement rênes longues et demandant beaucoup plus d’initiatives sans pour autant faire n’importe quoi.

Paquito, PRE de 14 ans en pré-retraite à cause de ses pieds et aplombs qui ne permettent pas la ferrure.

Remarque: les photos illustrant ne mettent pas vraiment en évidence les terrains les plus difficiles puisque j’étais occupée à surveiller que mon People, ferré, ne glisse pas 😉

Choix des easyboots: après maintes hésitations, j’ai choisi de prendre les semelles grips ( plus forte adhérence avec ses gros crampons) malgré le fait qu’elles soient déconseillées en terrain dur. Paquito a peu d’adhérence pieds nus en terrain glissant ou en descente, sans doute à cause de ses pieds tout plats et de ses aplombs qui répartissent mal les charges. Mais devant les incertitudes météo ( risques de pluie) et la présence de portions très caillouteuses, j’ai préféré prendre celles-là. J’ai modifié les boots des postérieurs en installant le système de fermeture des Bares dessus. En effet, il engage fort et à tendance à ouvrir les epics postérieurs et à abimer la guêtre antérieure.

un mix grip/bare/epic

un mix grip/bare/epic

Les points positifs remarqués:

Nous avons croisé beaucoup de portions glissantes constituées de dalles de pierre ou de marches. Les autres chevaux, ferrés, glissaient beaucoup et nous devions être très attentifs sans toutefois les bloquer. Paquito passait là sans même s’en rendre compte, adhérence très bonne. C’est donc un risque et de la fatigue en moins. Lors d’une demi-étape, j’ai du prendre Paquito en main, montée sur People, j’ai pu le lâcher et le laisser se débrouiller sans soucis malgré son manque d’expérience sur ces terrains.
Nous avons également du traverser un pont suspendu en fer. Chaque pas résonnait fort avec les chevaux ferrés et le risque de glissage était important. Paquito lui ne « risquait » rien si ce n’est de prendre peur. Au final, ce passage que nous appréhendions s’est très bien passé, les chevaux ont été exemplaires et peut-être bien moins stressés que leurs cavaliers, mais j’aurais néanmoins été plus tranquille sans la présence des fers.

Les chocs encaissés par les membres sur des soles si durs et irréguliers me semblent moins importants et la fatigue amoindrie.

J’ai pu installer dans les boots des semelles ( comfort pad) mais la durée de vie est très faible. Je n’ai pu faire que 2 jours avec chaque jeux de semelle et encore, le premier soir, elles étaient quasiment aplaties.  Par contre, ces semelles m’ont donné pas mal d’indications sur sa façon de poser et les irrégularités de la sole au niveau des appuis. ( Cela fera l’objet d’un article ultérieur) Je pense néanmoins que ça a permis d’aider quand même à l’amortissement et au soutien global du  pied.

un seul jour d'utilisation

Dans les zones pleines de cailloux assez petits mais très nombreux, les autres chevaux ont vite démontré une certaine réticence, tentant d’éviter ces cailloux qui forcément, meurtrissaient la sole. Paquito passait sans soucis et sans démontrer la moindre sensibilité alors qu’il est plutôt « chochotte ». Le fait que la sole soit complètement protégée est pour moi un grand plus.

Les crampons s’étaient vite usés en pince, ce qui avait créé un fort roll favorisant la bascule du pied. Paquito présente un pied à longue pince qu’on ne peut pas parer sans créer de gènes, cette usure a aidé la bascule du pied, soulageant très certainement les membres.

Néanmoins quelques points négatifs se dégagent:

L’usure est importante. Les boots n’étaient pas neuves en partant mais elles ont fortement marqué le coup. L’usure en pince s’est rapidement étendue à toute la sole. Sur les postérieurs, les crampons de devant sont complètement usés, rejoignant la semelle. Au final, au bout de 4 jours, l’usure est supérieure à 50%, voire totale par endroit. Le coût est donc important et cette solution ne me semble pas adaptée à la randonnée au long court.
Il faudrait voir quelle aurait été l’usure avec des chaussures adaptées au terrains durs ( Easycare déconseille ces chaussures sur ce type de terrain) ou avec un cheval aux aplombs et allures moins inadaptés à la randonnée.

Les guètres frottent au niveau des glomes. Je n’ai pas eu de blessure mais les glomes étaient lisses et luisants, je ne sais pas ce que ça aurait donné sur une plus longue période.

Et enfin, une observation que je ne sais pas classer:

Les boots ont tourné sur les antérieurs.  Je pense que ce problème est spécifique aux aplombs de Paquito. Etant panard, les boots se sont mises « dans le sens de la route », parallèles à l’axe latéral. Je ne saurais dire si il s’agit vraiment d’un inconvénient.  L’usure en pince s’est accentuée du coup, et donc adaptée à la nouvelle position des chaussures et je n’ai eu aucun problème sur les membres. Une fois dans l’axe, elles n’ont plus bougé.

Au final, le bilan concernant l’utilisation des easyboots me semble très bon. Hormis le coût très important qui peut vraiment constituer un obstacle à une utilisation régulière, je ne trouve que des points positifs à l’utilisation des boots. Leur mise en place le matin ne me fait pas perdre beaucoup de temps par rapport aux autres. Une fois les réglages effectués, ça va très vite à mettre. Sans considération de coût et en fonction de la sensibilité de chaque cheval au niveau des glomes, je me demande même si ça ne pourrait pas être une bonne idée d’en mettre aussi aux chevaux ferrés, les protégeant du coup des chocs sur la sole et des glissades.